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Comment choisir son oreiller selon votre sommeil

Par Alban Latier Publié le 10 avril 2019 Mis à jour le 13 juillet 2026 Lecture 5 min

Comment choisir son oreiller ?

Changer d’oreiller paraît anodin. Ça ne l’est pas. Parmi les personnes que j’accompagne, celles qui traînent des douleurs chroniques au cou ou aux épaules butent presque toutes sur ce petit objet mal ajusté, qui sabote leurs nuits sans qu’elles le soupçonnent. Un oreiller correct tient trois ans, parfois davantage. Mais cette longévité dépend entièrement du garnissage, et je vois passer des modèles avachis bien avant l’heure.

Avant de vous décider, gardez quelques repères en tête. L’épaisseur d’abord : elle se lit à travers votre gabarit, la taille de votre tête, la largeur de vos épaules et la position dans laquelle vous vous endormez. Vient ensuite la matière du garnissage et de la housse, car le choix s’est considérablement élargi. Restent la chaleur retenue pendant la nuit, la façon dont l’oreiller absorbe la pression, sa souplesse et son coût. Chacun de ces points pèse.

AUTRES GUIDES

Les types d’oreiller

Oreiller à mémoire de forme

Mousse à mémoire de forme : mise au point par la NASA pour amortir le retour des astronautes dans l’atmosphère, elle s’est imposée dans nos chambres. Ce type d’oreiller épouse la tête et le cou, reste naturellement hypoallergénique et soulage bien les tensions cervicales ou celles du haut du dos. Son revers : il retient la chaleur et pèse son poids.

Les types d'oreiller

Mousse à mémoire de forme « déchiquetée » : on prend cette même mousse, on la fragmente en petits morceaux, et l’oreiller garde son maintien sans la moiteur de la version pleine. Il se moule à votre tête, et si vous le trouvez trop plein ou trop plat, vous déplacez la matière à la main pour retrouver la forme qui vous convient. J’aime cette liberté de réglage.

Oreiller en duvet

Doux, léger, le duvet se love autour de la tête sans résistance. Son défaut tient au prix, souvent élevé.

Oreiller en polyester

Le polyester garnit les oreillers d’entrée de gamme. Moelleux, léger, il passe en machine, mais ne brille ni par sa tenue ni par sa fermeté. Reste un compromis honnête entre la souplesse du duvet et le maintien de la mémoire de forme.

Oreiller en sarrasin

Les oreillers en coques de sarrasin dorment encore dans l’ombre en France, alors qu’ils règnent en Asie. Le principe évoque un pouf : les coques glissent librement à l’intérieur, et vous ajustez à loisir la forme, le volume, la fermeté. C’est aussi l’un des garnissages les plus respirants pour qui a chaud la nuit. En contrepartie, l’oreiller est lourd, et le sarrasin bruisse dès que vous bougez.

 

Oreiller en latex

Le latex ne laisse personne indifférent. On l’adore ou on le fuit. Ses partisans vantent un soutien ferme, légèrement rebondi, d’un confort remarquable. Ses détracteurs le jugent tout simplement trop dur. Lourd, rarement bon marché, il tient pourtant des années, résiste naturellement aux micro-organismes et chauffe peu.

Quelle épaisseur d’oreiller choisir ?

L’épaisseur commande presque tout le reste : c’est elle qui décide si le soutien tombe juste pour vous. On la range en trois familles :

  • les oreillers fins, sous 10 cm d’épaisseur,
  • les oreillers standards, de 10 à 18 cm,
  • les oreillers épais, au-delà de 18 cm.

Rares sont ceux qui se trouvent bien sur un oreiller très fin ou très épais. Le confort reste affaire de préférence, mais quatre repères aident à viser juste.

Position de sommeil

Sur le dos, on apprécie une hauteur moyenne, qui équilibre moelleux et maintien. Sur le côté, l’épaule crée un vide entre la tête et le matelas : il faut le combler, donc viser moyen à haut. Sur le ventre, le creux se réduit presque à rien. Un oreiller bas suffit, quand il ne devient pas carrément superflu.

Votre poids

Au-delà de 90 kg, on enfonce le matelas plus vite, ce qui rapproche la tête de la surface : un oreiller plutôt fin, en mémoire de forme par exemple, s’impose. En dessous de 70 kg, l’enfoncement reste léger et l’espace à combler grandit, d’où un besoin de hauteur. Entre les deux, une épaisseur intermédiaire fait l’affaire.

Morphologie

La tête compte. Grosse ou lourde, elle réclame de la hauteur pour être portée sans forcer. Plus menue, elle s’accommode de peu. Les épaules aussi entrent en jeu : larges, elles ouvrent un espace supplémentaire entre la tête et l’oreiller, qu’une plus forte épaisseur vient rattraper.

Type de matelas

Un matelas en mousse à mémoire de forme ou en latex laisse le corps s’enfoncer profondément. Là, un oreiller fin suffit. Face à un matelas à ressorts, qui cède moins, une hauteur moyenne à élevée redevient nécessaire pour tenir un confort et un soutien corrects. Et la fermeté du matelas module encore l’équation.

Choisir son oreiller selon sa position de sommeil

On tourne toujours un peu la nuit. Mais une position domine, et c’est elle qui doit guider votre choix.

Choisir son oreiller selon sa position de sommeil

Dormeur sur le côté

La position la plus répandue, et l’une des plus respectueuses de la colonne et du cou. Ici, l’oreiller gagne à être haut pour combler le vide sous le cou et offrir un maintien ferme, ou presque. Le garnissage importe peu, tant qu’il correspond à votre morphologie.

Dormeur sur le ventre

Confortable pour l’esprit, rude pour la nuque : la tête se tord sur le côté toute la nuit. Si c’est votre pente naturelle, choisissez un oreiller fin et très souple. Le sarrasin ou le duvet conviennent bien. Vous pouvez aussi tenter l’expérience de dormir sans oreiller : sur le ventre, c’est parfois le meilleur service à rendre à votre cou.

Sur le dos

Sur le dos, l’oreiller idéal garde juste la hauteur qu’il faut pour aligner la tête et la colonne, sans la pousser vers l’avant ni la laisser basculer en arrière. Une densité moyenne à ferme s’impose. Mémoire de forme déchiquetée, coques de sarrasin ou polyester font ici de bons garnissages.