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Conseils

Écrire avant de dormir : le journal du soir et la gratitude pour apaiser le mental

Par Alban Latier Publié le 8 juillet 2026 Mis à jour le 22 juillet 2026 Lecture 7 min
Écrire avant de dormir : journal du soir et gratitude pour apaiser le mental

L’essentiel

  • Le journal du soir met les préoccupations à distance et calme les ruminations qui repoussent l’endormissement.
  • Une astuce solidement documentée : écrire sa to-do list du lendemain avant de se coucher, pour s’endormir plus vite.
  • L’écriture de gratitude tourne l’attention vers le positif et allège la charge mentale du soir.
  • Le niveau de preuve est modeste mais encourageant : ces gestes accompagnent, ils ne « soignent » pas.
  • Quelques minutes suffisent, de préférence sur papier plutôt qu’à l’écran.

Au moment de fermer les yeux, la liste s’invite : ce que je n’ai pas fait, ce qui m’attend demain, les tracas restés en travers de la journée. C’est un profil que je rencontre presque tous les jours en cabinet. Ce défilé de pensées, les ruminations, maintient un état d’alerte qui empêche de basculer dans le sommeil. Poser ces préoccupations sur le papier reste l’un des moyens les plus simples de leur retirer un peu de pouvoir.

Le journal du soir rassemble plusieurs façons d’écrire : consigner ses pensées et ses émotions, lister les tâches du lendemain, ou noter quelques motifs de reconnaissance. Voyons ce que ces gestes apportent vraiment à l’endormissement, ce que dit la recherche, et comment s’y mettre sans que cela vire à la corvée.

Pourquoi écrire le soir apaise le mental

L’esprit rumine ce qui reste ouvert. Tant qu’une préoccupation n’est pas « traitée », le cerveau la garde active, comme pour ne pas l’oublier. Le soir venu, alors que le corps réclame le repos, cette veille tenace alimente l’hyperéveil. Le mental tourne. On voudrait dormir, il continue.

L’écriture, elle, fait office de point de dépôt. Quand on note une inquiétude ou une tâche, on signale à son esprit qu’elle est prise en charge, et le besoin de la retenir s’estompe. Le geste installe aussi une distance : voir ses pensées formulées noir sur blanc, c’est les observer au lieu de se laisser emporter. On retrouve là les liens connus entre stress, anxiété et sommeil : moins l’esprit s’emballe, plus l’endormissement redevient accessible.

Il ne s’agit pas de tout régler avant de dormir. Ce serait illusoire, et franchement contre-productif. Le but est plus humble : alléger un peu le sac de pensées pour aborder le coucher l’esprit dégagé. Quelques lignes abaissent déjà la tension intérieure.

La to-do list du lendemain : un geste étonnamment efficace

Parmi les écritures du soir, l’une est particulièrement étudiée. Une expérience publiée en 2018 a comparé deux groupes au moment du coucher : les premiers écrivaient ce qu’ils avaient accompli dans la journée, les seconds listaient les tâches du lendemain. Ceux qui avaient noté leurs tâches à venir se sont endormis plus vite, et l’effet se renforçait à mesure que la liste gagnait en détail.

La to-do list du lendemain : un geste étonnamment efficace

Le mécanisme rejoint ce que je décrivais plus haut : anticiper et coucher sur le papier ce qui attend libère l’esprit de l’effort de mémorisation. Au lieu de se répéter « ne pas oublier d’appeler, de payer, de préparer », on transfère la charge, et la surveillance retombe.

  • Soyez concret. Des tâches précises, formulées comme des actions, plutôt qu’une liste floue.
  • Limitez-vous à l’essentiel. Cinq à dix points suffisent : on dépose, on ne planifie pas tout.
  • Faites-le juste avant le coucher, pour que la liste soit le dernier geste mental de la journée.

Ce rituel se glisse sans peine dans une routine du soir pour bien dormir, une fois les lumières baissées et les écrans rangés.

La gratitude : orienter l’attention vers le positif

Autre voie : noter chaque soir quelques éléments pour lesquels on ressent de la reconnaissance. Un moment agréable, une rencontre, une petite victoire. Rien de naïf là-dedans. On cherche à contrebalancer un penchant bien connu de l’esprit, qui retient plus volontiers les contrariétés que les satisfactions.

Plusieurs travaux associent ce type d’écriture à un état émotionnel plus calme au coucher et à des pensées moins sombres au moment de s’endormir. En réorientant l’attention avant le sommeil, la gratitude peut freiner les ruminations anxieuses qui retardent l’endormissement. L’effet reste mesuré, et variable d’une personne à l’autre.

En pratique, trois lignes font l’affaire : on décrit brièvement ce qui a été bon dans la journée, sans traquer les grands événements. Cette approche se marie bien avec d’autres gestes d’apaisement, comme la méditation et le sommeil, dont elle partage l’esprit : prendre du recul au lieu de lutter.

Quel niveau de preuve ?

Les données sur l’écriture expressive et le sommeil sont encourageantes, mais je les manie avec prudence. L’étude sur la to-do list demeure l’une des plus citées, or elle repose sur un effectif limité et mesure surtout le délai d’endormissement en laboratoire. Les recherches sur l’écriture des émotions et sur la gratitude rapportent des bénéfices, modestes le plus souvent, et s’appuient fréquemment sur des questionnaires déclaratifs.

Quel niveau de preuve ?

Ces pratiques offrent donc un appui simple, gratuit, sans effet indésirable connu. Elles ne traitent pas une insomnie chronique pour autant. Là, les approches de référence restent les thérapies cognitivo-comportementales, encadrées par un professionnel. Le journal du soir relève de l’hygiène du sommeil : un geste d’appoint précieux, surtout quand le mental s’agite au moment de se coucher.

Comment s’y mettre sans que cela devienne une contrainte

La régularité pèse plus lourd que la longueur. Trois lignes chaque soir valent mieux qu’une page rédigée une fois par mois.

  • Comptez quelques minutes seulement : déposer, pas disserter.
  • Préférez le papier à l’écran. La lumière des appareils et leurs sollicitations sabotent l’apaisement recherché ; sur ce point, voir nos repères pour mieux dormir au quotidien.
  • Choisissez un format unique qui vous parle : to-do list, gratitude, ou un mélange des deux, sans vous imposer de tout faire.
  • Soignez aussi l’environnement : une chambre fraîche facilite le relâchement. La température idéale de la chambre pour le sommeil tourne autour de 18 °C.

Le but n’est pas d’empiler les rituels, mais d’en tenir un dans la durée. S’il se met à peser, allégez-le, ou mettez-le de côté quelque temps. Vous y reviendrez.

Questions fréquentes

Faut-il écrire sur papier ou sur son téléphone ?

Au coucher, le papier l’emporte. L’écran expose à la lumière et aux notifications, qui entretiennent l’éveil, tandis que l’écriture manuscrite, lente et sans distraction, accompagne mieux le relâchement.

Combien de temps faut-il y consacrer ?

Quelques minutes. On dépose ses pensées ou ses tâches, on ne tient pas un long récit. Une liste brève ou trois lignes de gratitude jouent déjà leur rôle.

La gratitude ou la to-do list, que choisir ?

Cela dépend de ce qui vous agite. Si vous ressassez ce qui vous attend, la liste du lendemain libère l’esprit. Si vous ruminez du négatif, la gratitude réoriente l’attention. Rien n’interdit de combiner les deux.

Le journal du soir suffit-il en cas d’insomnie ?

Non. C’est un geste d’apaisement utile, mais il ne remplace pas une prise en charge. Face à une insomnie persistante, les thérapies cognitivo-comportementales et l’avis d’un professionnel restent la référence.

Article informatif, qui ne remplace pas un avis médical. « En cas de troubles du sommeil persistants ou de douleurs, demandez l’avis d’un professionnel de santé. »

Alban Latier

Hypnothérapeute, spécialiste du sommeil

J’accompagne au quotidien des personnes qui dorment mal. Je partage ici des conseils concrets, sourcés et datés.